« Année 451, la victoire de l’occident » par Alain DI ROCCO

 

L’histoire, pour Alain Di Rocco, est essentielle à la compréhension de la société d’aujourd’hui et de demain. Vient de paraitre aux éditions Beaurepaire, la réécriture de son ouvrage « Année 451, la victoire de l’occident », publié en 2009. Une réécriture qui, selon l’auteur, apporte plus de précisions dans le parcours de l’invasion d’Attila en Gaule. Dans cette épopée riche en rebondissements, Orléans tient une place importante, celle de la ville qui fera battre en retraite l’armée d’Attila.  

Qui est Alain Di Rocco ?

Né à Chelles en 1965, j’ai vécu en Seine et Marne jusqu’à l’âge de trente ans. Mon père était d’origine italienne et ma mère lorraine. Aujourd’hui, je vis à Paris et travaille dans le commerce.

Parlez-nous un peu de votre passion pour l’histoire ? Comment est-elle née ?

Très jeune, les voyages et la géographie étaient ma grande passion. C’est bien plus tard, après mes vingt ans, que je me suis intéressé à l’histoire, visitant plusieurs villes du nord-est de la France dont les traces du passé demeuraient indélébiles. Y observant de nombreux vestiges gallo-romains, j’ai souhaité découvrir plus en profondeur cette riche période que connurent nos cités.

Présentez-nous votre ouvrage en peu de mots ?

C’est une chronique historique retraçant l’invasion d’Attila en Gaule gallo-romaine. Pourvue de dialogues, je l’ai romancée pour qu’elle soit agréable à lire, tout en y respectant la vérité historique.    

Comment voyez-vous la participation de la ville d’Orléans dans la réussite de cette bataille ?

En ce milieu de Ve siècle, Aignan évêque d’Orléans prit la tête de la résistance, face à des autorités défaillantes, tels que le gouverneur d’Aurélianum. Orléans put ainsi retarder son siège, donner du temps au général Aetius pour rallier les peuples germains à la cause « romaine » et enfin offrir le temps nécessaire à la coalition d’Aetius pour rejoindre la cité. C’est indéniable, Orléans a joué un rôle majeur dans la victoire alliée.

Pensez-vous que l’histoire est importante dans la compréhension et dans la construction de la société d’aujourd’hui ?

Comment pourrait-on supposer se passer de la mémoire historique ? Oui bien-sûr, l’histoire est non seulement importante pour la société d’aujourd’hui, mais aussi pour celle de demain. Elle permet de ne pas reproduire certaines erreurs du passé, tout comme elle nous invite aussi jour après jour à conserver d’anciennes structures de la société qui surent préserver du chaos des millions d’êtres humains au fil des siècles.

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire cette tranche de l’histoire et pourquoi il était important pour vous de raconter « La bataille des champs Catalauniques, opposant Attila à la tête de ses hordes hunniques aux populations du pays Gallo-romain » ?

J’ai souhaité écrire sur cette période, car il s’agit d’un passage entre deux mondes, l’Antiquité et le Moyen-âge. Il va se produire alors une symbiose entre les cultures gallo-romaine et germanique, particulièrement accentuée par la plus terrible des invasions, celle des Huns d’Attila.

Pourquoi cette bataille est, selon vous, importante pour l’histoire de la France ?

Cette bataille fut gagnée et les Huns « refoulés » au-delà du Rhin. Mais, ce qui est d’autant plus important pour notre histoire c’est la fédération de tous ces peuples de cultures différentes, engendrée par cette vaste contre-offensive, à une époque charnière où l’Empire romain et ses commandements disparaissaient. Ainsi, tous ces peuples vivant en Gaule eurent la volonté de défendre leur territoire,  trente-cinq années avant que leur nouveau « berger », Clovis, relayant Aetius dans son œuvre, ne crée le premier royaume de France.

A quoi le lecteur de votre livre doit-il s’attendre ?

En écrivant cette chronique historique sur fond d’invasion hunnique, j’ai voulu également montrer la métamorphose que connut la Gaule, changements annonciateurs de la naissance d’un pays, la France. Ainsi, le lecteur pourra découvrir l’une des périodes des plus troubles de notre histoire, mais des plus essentielles, trait d’union entre la Gaule et la France, période peu relatée par l’actualité littéraire.

Travaillez-vous sur un livre en ce moment ?

Oui, je prépare la suite de « Balades en ville, des origines au Moyen-âge » , sorti en 2015. Ce second tome présentera également l’histoire d’une quinzaine de villes, mais cette fois-ci, du sud de la France, y évoquant leurs différentes implantations dans le temps.

Partagez avec nous votre lecture du moment ?

« La France racontée par les archéologues », aux éditions Gallimard – Inrap, c’est là un ouvrage des plus intéressants référençant les découvertes archéologiques les plus récentes faites dans l’Hexagone. D’une lecture simple et agréable, il est en outre un puits d’informations qui m’aidera à la construction du tome 2 de « Balades en ville ».

Êtes-vous déjà venu à Orléans ? Si oui, y a-t-il un endroit que vous aimez, une anecdote sur la ville à partager avec nos lecteurs ?

Bien sûr de nombreuses fois, la première à l’âge de 14 ans. Puis plus tard, je m’y rendais régulièrement pour y découvrir les endroits évoquant le passé gallo-romain de Cénabum, l’une des cités les plus riches de la Gaule. Des restes du rempart gallo-romain sont encore visibles le long de la rue de la Tour neuve, à quelques pas au sud de la rue de Bourgogne, secteur par où les hordes d’Attila sont arrivées devant Aurélianum. J’aime beaucoup aussi la rue de la Charpenterie, d’où l’on peut observer les jardins surélevés de la Préfecture.

Saviez-vous qu’à l’époque gallo-romaine le forum d’Orléans occupait l’endroit et que celui-ci se terminait en terrasse, surplombant la Loire ! D’ailleurs le contrebas qu’accuse la rue de la Charpenterie par rapport à la Préfecture témoigne toujours de ce passé.

 

 

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