Olivet Solidarité, S’engager auprès des plus démunis, une philosophie de vie

Créée en 1991, l’association Olivet Solidarité avait pour mission première d’aider la municipalité à faire la distribution alimentaire au sein de la commune d’Olivet. Apporter de l’aide aux familles qui sont dans le besoin. Au fil des années, de l’évolution de la commune et de la diversité des besoins et des demandes, d’autres activités s’y sont greffées. Aujourd’hui, Olivet Solidarité compte 135 adhérents  et une dizaine d’activités différentes dont le président Philippe de Bertrand et plus d’une centaine de bénévoles assurent la réussite et la pérennité.

Des activités plus riches les unes que les autres

Les nombreuses activités dont s’occupe Olivet Solidarité ont toutes un point en commun, aider celui qui est dans le besoin, construire des passerelles entre les générations et créer des liens durables. Dans les locaux d’Olivet Solidarité,  les seniors viennent jouer aux cartes, au scrabble ou à d’autres jeux. On leur offre le gouter et on s’occupe d’eux, explique le président de l’association, Philippe de Bertrand. Le dimanche convivial a lieu une fois par mois. Il s’agit d’un repas partagé, ouvert à tous les membres de l’association. L’idée c’est de partager un bon moment, de manger ensemble, de regarder un film et d‘engager la conversation sur un sujet de société. L’aide alimentaire, la deuxième plus grande activité de l’association est une distribution alimentaire qui se fait tous les lundis. Pendant l’année 2017, 84 tonnes de denrées ont été distribuées à plus de 300 foyers, ce qui représente à peu près 500 personnes. Une distribution facturée par la Banque Alimentaire du Loiret.

Un atelier d’écriture, ouvert à tous,  a été mis en place par les bénévoles pour partager leurs lectures du moment et s’essayer à l’écriture. Solidar’livre permet d’aller faire la lecture chez les seniors, chez des personnes malvoyantes et d’autres et qui ne peuvent plus lire d’eux-mêmes. L’aide administrative concerne ceux et celles qui ont besoin de répondre à un courrier juridique, écrire une lettre de motivation ou rédiger un CV. L’aide au bricolage est un service offert à ceux qui ne peuvent plus bricoler.  L’aide matérielle, il s’agit de récupérer du matériel auprès de particuliers, des meubles, de l’électroménager, qui seront ensuite redistribués selon les besoins.  Il y a le service de réparation et don de vélos, une activité organisée depuis 3 ans, dont bénéficie les migrants qui ont des problèmes de transport et aussi à des bénéficiaires de l’aide alimentaire.

Depuis le tsunami de 2004 au Sri Lanka, Olivet Solidarité organise tous les ans un concert et un tournoi de bridge ou de scrabble. L’argent récolté des inscriptions des participants est envoyé à l’association HDO (Organisation pour le développement humain) sur le terrain. Ces activités permettent d’envoyer 4000 € tous les ans à cette association, dont les actions sont orientées vers l’éducation des enfants et des femmes dans les plantations de thé.

Olivet Solidarité, une passerelle pour les migrants

Pour lutter contre l’analphabétisme, un Atelier de Langue Française a été créé en 2007 au sein de l’association et constitue aujourd’hui l’une des activités majeures de l’association, soit l’enseignement de la langue française, où 70 bénévoles œuvrent pour cet atelier. Il permet d’aider ceux qui ne s’expriment pas en français et qui ont besoin de la langue comme outil pour s’intégrer, se socialiser, trouver du travail ou aborder un cursus scolaire. Les migrants mineurs sont dirigés vers l’association par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) du Conseil Départemental dont ils sont sous la protection et par l’Education Nationale. Ne pouvant pas être scolarisés car arrivés en cours d’année, ils bénéficient gratuitement de cours de français. Le reste du temps, le bouche à oreille fait son travail.

Olivet Solidarité n’est pas une association vouée essentiellement à aider les migrants. C’est une association qui vient en aide aux gens démunis d’Olivet, car la plupart des subventions sont de la mairie d’Olivet. Le flux de migrants, qui a considérablement augmenté ces dernières années, a suscité le développement de l’activité de langue française. Les cours de français aux migrants deviendront par la suite l’activité principale en termes de bénéficiaires et en termes de bénévoles. Cette activité est en grande partie financée par une subvention préfectorale. Olivet Solidarité ne fait pas l’accueil des migrants. Ceux qui frappent aux portes de l’association viennent surtout pour s’inscrire et pour apprendre à manier la langue.

Philippe de Bertrand, président de l’association, dans ses propres mots

« Ça fait maintenant 3 ans que je suis à la tête de l’association, j’ai passé une année de vice-présidence avant.  Sur cette activité-là, l’atelier de langue française, le défi permanent c’est le nombre grandissant des arrivées. L’an dernier, on a eu 568 apprenants, l’année précédente, on a eu 372.  Certains restent un mois, d’autres plus longtemps, d’autres sont transférés dans d’autres départements, il y a tous les cas possibles. Le défi c’est de gérer les inscriptions, diriger l’apprenant vers le cours adéquat. Trouver du monde pour accueillir, bien accueillir les jeunes et les rassurer un peu. Après il faut mettre des cours et pour ça, il faut des locaux et des formateurs. La mairie nous a fourni des locaux, le deuxième défi c’est de trouver des bénévoles formateurs. La plupart de nos bénévoles sont des retraités et tous les ans nous recrutons de nouveaux bénévoles sur cette activité-là. Sur les autres activités, c’est un peu plus stable.»

En voyant arriver plus d’une centaine de migrants chaque année, est-ce que ça vous inspire quelque chose ?  «On ne les interroge pas sur leurs parcours. S’ils veulent en parler, ils en parlent. S’ils ne veulent pas, ils n’en parlent pas. On se rend compte que ce sont des jeunes qui sont très matures, ça fait réfléchir par rapport aux élèves qu’on peut voir nous dans notre société. Tous ces apprenants sont très motivés pour apprendre le français, c’est vital pour eux. Ils ont beaucoup de contraintes pour venir suivre les cours, mais ils viennent quand même. En les côtoyant de près, on peut se rendre compte de la force de caractère de ces jeunes. Je suis amené à faire beaucoup de cv pour les aider à trouver un travail, un stage ou une école et pour cela je discute avec eux. Je découvre en eux une capacité de résilience assez forte car ils ont eu des parcours souvent difficiles et malgré tout, ils sont dans un état d’esprit, un état intellectuel assez serein. Ça permet un peu de se repositionner soi-même par rapport aux difficultés qu’on peut avoir dans la vie. »

Un été sous le signe de la culture et du patrimoine

Pendant l’été, des activités sont créées pour permettre aux apprenants de découvrir la culture et le patrimoine français. A travers les ballades d’été, des visites sont organisées dans des parcs, des jardins dans tous le département. Une visite annuelle d’un monument ou d’un édifice prestigieux est organisée. Ils ont déjà visité le château de Versailles et de Chambord. « On essaye de développer également une attitude d’ambassadeur chez les gens pour qu’ils accueillent un migrant lors d’une activité. » explique le président de l’association, Philippe de Bertrand. Si quelqu’un va visiter un musée, exerce une activité sportive ou organise un repas il peut emmener un apprenant et son engagement ne durera que l’instant de la visite.

Des défis à relever

Le besoin de bénévoles formateurs pour donner des cours aux apprenants est l’un des principaux défis de l’association. L’enseignement de la langue française est très important et des migrants arrivent tous les jours. Trouver d’autres sources de financement pour pérenniser cette activité-là constitue un autre défi. « On ne pourra pas faire cette activité là si on n’a pas les moyens derrière. On essaye d’emmener certains apprenants vers un examen, le DELF, on essaie de le faire passer à ceux qui ont le niveau et surtout on ne peut pas le faire passer à tout le monde, parce que ça coûte et que c’est nous qui payons l’inscription. Il y a aussi le CFG (Certificat de Formation Générale), qui lui est gratuit, mais il faut qu’on fournisse du matériel, des fournitures, etc,. donc ça coûte aussi. Pérenniser notre financement permettrait d’avoir l’esprit plus serein. » Dixit Philippe de Bertrand

Charlotte Vinchon & Danielle Thomas, bénévoles à Olivet Solidarité.

« J’en tire autant que qu’ils en tirent, c’est une expérience très satisfaisante de partager mon temps et mon expérience avec ces jeunes. » Charlotte Vinchon enseigne le français à Olivet Solidarité en tant que bénévole. Ayant intégré l’association depuis un an, elle estime que donner de son temps aux autres, à une action qui lui semble importante, est une manière d’être utile à la société. De son côté, Danielle Thomas cumule plus de 4 ans dans l’association. Le besoin d’aider les autres, de se sentir utile est ce qui l’a attirée en premier lieu. « Olivet Solidarité est une association qui est à l’écoute des bénéficiaires, précise-t-elle, une équipe qui fonctionne avec une bonne volonté. Donner de notre temps, de notre expérience nous enrichit tous, autant en tant que bénévole que les bénéficiaires. Là, j’ai l’impression de faire quelque chose de positif pour la communauté. »

Des apprenants optimistes quant à l’avenir

Au moment des entretiens pour ce reportage, plusieurs classes se tenaient dans l’enceinte de l’association. Les apprenants étaient heureux de partager leurs expériences, leurs prise en charge et leur évolution au sein de l’association. Ils viennent partout  en Afrique, en quête d’espoir et de mieux être. Ils ont trouvé en l’association un point d’appui pour faire l’équilibre, faire le plein, avant de devenir autonome et prendre leurs vies en main.

 

Un reportage de Soucaneau Gabriel

 

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